Ferme Valupierre
Au cœur de l’Île d’Orléans, au bord du fleuve SaintLaurent, s’étend un véritable trésor agricole : la Ferme Valupierre. Cette exploitation familiale est née en 1953 lorsque Gérard Vaillancourt et son frère ont acheté des terres pour y cultiver la pomme de terre et élever des vaches. À l’époque, la ferme s’appelait Ferme Vaillancourt et Frères et produisait non seulement des pommes de terre, mais aussi des fraises, en plus de la viande bovine. L’héritage familial s’est poursuivi quand, en 1989, Pierre Vaillancourt et sa conjointe Lucie ont repris l’entreprise et lui ont donné un nom nouveau : Valupierre. Ce nom est un hommage qui combine “VA” pour Vaillancourt, “LU” pour Lucie et “PIERRE” pour le père, soulignant ainsi l’importance des femmes dans l’entreprise à une époque où elles étaient rarement identifiées à une ferme.
La ferme se consacre entièrement à la production de pommes de terre à partir de 2000. Aujourd’hui, elle cultive plus de 15 variétés différentes et a converti une partie de ses parcelles à l’agriculture biologique. La superficie en culture est actuellement de 650 acres, ce qui fait de Valupierre l’un des plus grands exploitants de l’Île.
Malgré cette croissance, les valeurs restent les mêmes. L’équipe prône une agriculture responsable et veille à la qualité de ses « trésors souterrains », comme le dit si bien leur slogan. Stéphanie Vaillancourt, fille de Pierre et Lucie, assure aujourd’hui la relève avec son conjoint Rémi et son père (Pierre). Elle est une femme de tête qui démontre que la relève agricole peut être féminine et entrepreneuriale. Son objectif est de maintenir les racines de l’entreprise au Québec et de continuer à mettre en valeur les produits locaux.
Gabrielle et Raphaëlle
Parmi les variétés exclusives de Valupierre, deux petites pommes de terre se distinguent : La Gabrielle et La Raphaëlle. La Gabrielle est une petite Fingerling à chair jaune, une « favorite des chefs », selon la ferme. Sa forme allongée et sa pelure très fine la rendent idéale pour de nombreuses préparations. Sa texture ferme ne se défait pas à la cuisson et, grâce à sa peau savoureuse, elle se consomme sans épluchage. En été, on l’aime en papillotes, au barbecue ou en salade de pommes de terre ; en hiver, elle est parfaite pour les mijotés ou simplement rôties au four.
Le choix du nom Gabrielle n’est pas anodin. Stéphanie Vaillancourt explique que ce nom rend hommage aux nombreuses Gabrielle qui ont débarqué à l’Île d’Orléans au XVIIᵉ siècle, qui ont défriché les terres, élevé des familles et travaillé sans relâche. En baptisant cette petite patate
« Gabrielle », la famille Valupierre rappelle la contribution des femmes dans l’histoire de l’Île et de la colonie. La Gabrielle n’est donc pas qu’une petite patate ; c’est un produit unique, sophistiqué, mais abordable, dont la chair jaune est idéale pour les potages, les salades ou les pavés. Elle incarne la créativité et le savoirfaire de la ferme.
Si la Gabrielle représente la « mère », parce que née en premier, la Raphaëlle en est le « petit » ou le prolongement. Cette variété est également une fingerling, mais à peau rouge et à chair jaune. Sélectionnée pour sa qualité culinaire et son arôme délicat aux notes de noisettes, elle offre une texture crémeuse et une peau si fine qu’il est inutile de l’éplucher. La Raphaëlle se prête parfaitement au barbecue, en papillotes ou rôtie au four et elle est sublime en salades grâce à sa peau fine. Son goût délicat, mais savoureux, rappelle que les meilleures choses viennent parfois en petit format.
La Ferme Valupierre est plus qu’une histoire de patates : c’est celle d’une famille qui, depuis trois générations, cultive la terre de l’Île d’Orléans avec passion et respect. De la Ferme Vaillancourt et Frères des années 1950 à l’entreprise moderne qu’est Valupierre aujourd’hui, chaque génération a laissé sa marque. La transition vers la pomme de terre comme production principale, l’adoption de l’agriculture biologique et l’arrivée de la relève féminine montrent que tradition et innovation peuvent aller de pair.
En mettant en lumière les variétés Gabrielle et Raphaëlle, la ferme partage un bout de son histoire et un hommage aux femmes qui ont façonné l’Île d’Orléans. En adoptant ces petites patates dans vos recettes, vous perpétuez, à votre façon, l’esprit d’une entreprise qui croit fermement aux valeurs de l’agriculture locale et au plaisir de bien manger.